Pollution de la Saône aux PCB
Joël Parcel dénonce la frilosité de la pêche associative.
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Bonjour Michel,
Cet article démontre ce que nous savons depuis des années, mais confirme également le laxisme de l'état et, plus regrettable encore, des fédérations de pêche qui ferment les yeux quant aux risques d'empoisonnement des gens. On veut engranger des permis (fortement en baisse) mais en aucun cas on ne se décide à parler de protection du poisson.
Tu noteras que cet article fait abstraction du problème majeur et très inquiétant en ce qui concerne la Saône, à savoir la régression spectaculaire de toutes les espèces nobles ou fragiles, surtout depuis ces quatre ou cinq dernières années. La cause ? Les pesticides ou autres produits chimiques. Mais pourquoi parlerait-on de ces pollutions qui déciment directement les poissons ou nuisent à leur reproduction. Rien à fiche des poissons ! Parlons en priorité des risques liés aux PCB, et qui mettent la santé de l'homme en péril.Mes yeux qui ne voyaient qu'au travers de cette rivière, ont vu sa couleur verte pleine de vie virer à un marron suspect et prolongé dans l'année, ses berges prendre une teinte sombre et triste, ses innombrables coins prolifiques réduits à des déserts, les ballets de carpes laissant place au silence ... le néant !
Ce qui peut nous rassurer, c'est qu'il ne soit pas démontré ou prouvé que le PCB ait une incidence directe et néfaste sur la santé du poisson ou sur sa reproduction. Il porte le PCB dans ses graisses mais aucun signe apparent et alarmant ne nous conduit à une quelconque inquiétude.
Ce qui peut nous offusquer par contre c'est ce discours mesquin et incohérent de nos dirigeants, fédés, services de navigation, qui ne veulent en aucun cas admettre que nous pêcheurs sommes dans le vrai, à savoir instaurer un no-kill total appuyé par un paragraphe net et précis : " il est interdit de prélever le poisson quelle qu'en soit l'espèce "... Cette initiative préservant ainsi la gente piscicole en concordance avec les nouvelles mentalités et préservant de façon crédible et saine la santé de l'homme sans équivoque possible.
Avec mon collègue Jean nous avons largement insisté auprès des gardes afin que notre message soit pris en considération et remonte auprès des instances dirigeantes lors d'une de leurs nombreuses réunions. Nous verrons s'il y a un retour mais je ne me berce pas trop d'illusions.
Ma réponse à Joël
Salut Joël
Bien triste constat et bel article.
Il est clair que face au problème des pollutions chroniques les fédés de pêche ont le cul entre deux chaises, et cette affaire le met bien en lumière : tirer la sonnette d'alarme et perdre de nombreux pratiquants, ou minimiser le problème et faillir à leur mission de protection des milieux aquatiques.
Il est tout de même paradoxal que ce soit un pêcheur professionnel, qui aurait tout intérêt à passer l'affaire sous silence, qui donne l'alarme tandis que les pêcheurs à la ligne font le canard...
Pour ce qui est des taux de PCB par espèce, il faudrait avoir accès aux données détaillées des échantillonnages. Si les mesures sont faites sur des sandres ou brochets de 40 cm, rien d'étonnant à ce que le taux soit faible, alors qu'un poisson de 80 cm aura lui au fil des ans concentré le PCB dans ses tissus.
N'importe qui ayant un minimum de connaissance en écologie sait comment fonctionne une chaîne alimentaire et connaît le principe de concentration des substances non éliminées. Tout ce passe un peu comme si l'on s'efforçait de ne pas chercher au bon endroit, histoire d'être sûr de ne pas trouver...
Toutefois, faute de communication efficace sur le sujet, on ne peut pas exclure que certaines espèces concentrent davantage le PCB que d'autres, et ce indépendamment de leur position dans la chaîne alimentaire.
Pour ce qui est des pollutions diffuses d'origine agricole (pesticides notamment), je pense que ce sera le grand scandale de ce siècle, le jour où l'on se décidera à regarder la vérité en face.
J'espère me tromper mais je crois que ce problème de PCB fera figure d'aimable plaisanterie en comparaison, car il reste localisé aux grands cours d'eau, alors que la pollution d'origine agricole est partout, y compris dans nos nappes phréatiques.

